Systémique & management : 5 questions à Dominique Bériot

dberiotRencontre avec Dominique Bériot, auteur du Guide systémique du manager d’équipe, paru aux éditions EYROLLES.

 

Dominique Bériot a une grande pratique de l’entreprise comme DRH, d’abord dans des sociétés de 1 200 à 15 000 personnes, puis comme coach spécialisé dans l’accompagnement de changements individuels et collectifs par l’approche systémique, au sein d’entreprises privées et publiques.

Auteur de six ouvrages, films et CD pédagogiques sur le management, il a enseigné les relations sociales (HEC, CESA, ENSTP, ESCP Paris …) et fut pendant plusieurs années, président du Comité d’Éthique de l’Institut Curie.

 

Quels constats vous-ont conduit à la rédaction de cet ouvrage ?

Une enquête conduite auprès de 300 managers, m’a permis de faire ressortir leurs opinions convergentes à propos des ressources pédagogiques mises aujourd’hui à leur disposition.

S’ils reconnaissent une certaine pertinence aux formations liées aux métiers spécifiques (gestion de projet, nouvelles technologies, contrôle de gestion…), ils restent plus nuancés, voire réservés, pour les formations au management, au développement personnel, à la gestion des équipes et des partenaires de l’entreprise ou à la conduite du changement entre autres qu’ils considèrent souvent éloignées de leurs préoccupations quotidiennes. Quant aux ouvrages et articles qui leurs sont destinés, ils les trouvent globaux ou théoriques. Ils citent à titre d’exemples, l’intelligence collective, l’agilité des équipes, les typologies de managers, ou encore les qualités du « nouveau manager ». Ils ont souvent l’impression que les auteurs manquent d’une réelle connaissance du terrain, ce qui, à leur avis, les oblige à rester pour chacun des thèmes à un niveau général voire conceptuel.

Par ailleurs, les évolutions du numérique et de l’intelligence artificielle, la dispersion géographique des acteurs, l’augmentation du nombre d’intervenants, le développement des équipes projet multiculturelles, créent une nouvelle réalité plus incertaine et plus complexe. La confrontation entre les éléments de ce contexte, les exigences et la nécessité de mettre à jour les compétences génèrent chez les managers une attente d’équipements méthodologiques, tactiques et relationnels en adéquation avec leurs besoins.

C’est donc ce qui m’a incité à choisir une démarche proche de leur quotidien et adaptée à l’appréhension de la complexité des relations entre les acteurs.

Pouvez-vous nous éclairer sur l’approche systémique, socle de votre ouvrage ?

En m’inspirant de la théorie générale des systèmes de Bertalanffy ainsi que des travaux de l’Ecole de Palo Alto, je propose un nouveau mode de pensée, de communication et d’action. Il s’agit d’aider les managers à fluidifier leurs relations à l’aide de « processus-repères » afin de mobiliser le ou les acteurs vers les résultats attendus.

En s’appuyant sur les composants fondamentaux des systèmes humains, cette nouvelle pédagogie conduit chacun à devenir acteur d’une recherche de cohérence pour appréhender la complexité sans s’y noyer.

A qui s’adresse votre guide ? Et dans quelles situations ?

Comme son nom l’indique, ce «Guide systémique du manager d’équipe» s’adresse principalement aux managers et chefs de projet, mais il concerne également ceux qui ont en charge de les aider (DRH, coachs, consultants, formateurs).

Il contient principalement quarante situations managériales (SM) du quotidien, rédigées de façon brève et structurée pour faire gagner du temps au lecteur et tenir compte de son expérience.

Il est organisé en six parties :

1- Assurer la qualité de ses messages, tout en s’appuyant sur des tactiques verbales et non verbales pour évoluer avec ses interlocuteurs.

 Exemples de situations managériales : amener un interlocuteur à décider, sortir de discussions difficiles, gérer les comportements agressifs, faire face aux objections, aider une personne perturbée…

2- Développer son agilité dans ses échanges opérationnels en face à face ou à distance.

 Exemples de situations managériales : Régler un problème avec un collaborateur, sortir d’une relation hiérarchique insupportable, adopter des stratégies face aux demandeurs pressés, conduire des négociations complexes…

3- Anticiper ses actions managériales pour que toutes les parties obtiennent des résultats satisfaisants. Il s’agit, avant de s’engager dans l’action, de définir une orientation stratégique et d’élaborer une démarche structurée, d’identifier les contreparties positives d’une perte initiale de temps pour en gagner ensuite.

Exemples de situations managériales : Formuler un objectif commun, exprimer l’objectif de vos demandes, préparer une réunion à distance, modéliser une démarche de changement…

4- Développer l’adaptabilité de son équipe en gérant les relations avec des acteurs dispersés, multiculturels, intergénérationnels aux enjeux parfois divergents.

Exemples de situations managériales : Animer une réunion à distance, adapter en permanence les prestations de son équipe aux besoins des clients, faire de ses partenaires internes des alliés, renforcer la cohérence de sa posture de manager…

5- S’initier au regard systémique dans l’entreprise.

Dans la mesure où les « processus-repères » proposés dans les quarante situations managériales ne contiennent pas d’apports théoriques (la théorie n’est pas l’action !), le manager adopte progressivement une posture systémique. Ainsi, par son exemple et non par son discours, il en fait bénéficier ses collaborateurs et développe une compétence relationnelle entre tous les acteurs.

Cette partie 5 traite de la logique systémique pour ceux qui veulent en savoir plus. Il s’agit d’une autre façon d’aborder les problématiques et d’agir, en rupture avec les cadres habituels de pensée. Y figurent entre autres : l’entreprise vue comme un système, le pilotage managérial, les caractéristiques en matière de communication prônées par l’Ecole de Palo Alto…

6- Se fixer des objectifs personnels de progrès à l’aide de huit questionnaires d’auto-évaluation. Comment vous préparez-vous à exprimer une demande ? Comment écoutez-vous un interlocuteur ? Comment préparez-vous votre stratégie avant une négociation ? Comment conduisez-vous vos réunions ?…

Construits sur la base de processus comportementaux, ils permettent de s’approprier puis développer de nouveaux comportements propres à la logique systémique, conditions d’accès à la complexité des situations opérationnelles.

Comment utiliser ce guide dans sa pratique quotidienne ?

Concrètement cet ouvrage peut se consulter comme un « guide touristique ». Il ne se lit pas nécessairement d’une traite mais plutôt avant d’être confronté à une situation ressentie comme complexe.

Par ailleurs, des renvois représentés par le symbole (Þ SM n°) permettent à un manager de compléter tel ou tel point méthodologique, relationnel ou tactique.

Des retours me sont faits par des managers. Confrontés à une situation difficile pour eux, ils font le point sur leur comportement et, après relecture de la SM, ils constatent lors d’une nouvelle confrontation de même nature une progression dans leur manière d’être et d’agir.

Selon vous, comment l’approche systémique peut-elle servir de levier à l’amélioration de la QVT ?

Avec une posture systémique progressivement acquise par l’apport d’équipements relationnels et méthodologiques, ce guide conduit chaque manager à développer une attitude génératrice de QVT.

En effet, l’approche systémique contient de nombreux ingrédients pour la favoriser, en particulier quand elle incite à :

  • acquérir une vision globale du système d’acteurs à considérer,
  • assurer une plus grande attention à soi, à l’autre et à tous les acteurs en relation (hiérarchie, collaborateurs, clients et fournisseurs internes ou externes, partenaires industriels ou sociaux…),
  • contribuer à clarifier le sens du travail des collaborateurs,
  • fluidifier les relations,
  • s’appuyer sur l’intelligence collective,
  • renforcer la cohérence de ses propres comportements,
  • etc.

Pour conclure, comment résumeriez-vous l’idée directrice de cet ouvrage ?

Faire converger les acteurs, communiquer autrement, accompagner au plus près les équipes, réguler l’activité avec vigilance et bienveillance, deviennent les fondamentaux du management systémique pour agir dans la complexité.

guide

Pour en savoir plus : Découvrez l’ouvrage et ses extraits sur le site des éditions EYROLLES

 

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